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A paraitre le 25/11/22
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Depuis l’habitacle

Fanny Taillandier

Street Fighters

Peter Norton

Une rente à soi

Christine Bjerke

Rivière céleste

Elise Misao Hunchuck, Marco Ferrari et Jingru (Cyan) Cheng

Depuis l’habitacle
Fanny Taillandier
Près de 1 103 451 kilomètres de voies (communales, départementales, territoriales et autoroutes) consti­tuent le réseau routier français d’après les statis­tiques du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Ramené à la population, cela fait beaucoup : à peu près 16 mètres linéaires de voirie par personne, ce qui nous place en tête parmi les pays européens. Qu’est-ce qui peut expliquer cet amour immodéré de nos gouvernants pour l’asphalte ?
C’est à ce genre de question que l’écriture de Fanny Taillandier s’attaque avec téna­cité. Armée d’une compréhension fine des logiques urbaines et de son fusil à pompe politique - les puis­sants en prendront toujours pour leur grade - elle dissèque la nature hobbesienne de notre époque, ou notre disposition à consentir aux politiques les plus coercitives, à nous lover dans des récits impérialistes banalisés.
Dans ses livres et ses chroniques, elle promène son regard sur le monde qui nous entoure avec l’idée qu’il faut être fou pour l’accepter tel qu’il est, elle qui affirme : « l’avenir c’est le présent qui se rebiffe ».
Street Fighters
Peter Norton
Dire la ville, est-ce aussi faire la ville ? Si, dans la pra­tique, la capacité des discours à transformer l’espace urbain est reconnue et employée quotidiennement par les décideurs, usagers et concepteurs, elle est rarement aussi clairement illustrée que dans ce texte. Peter Norton, professeur à l’Université de Virgnie et historien des technologies, y offre une contribution précieuse à l’étude des mécanismes qui font et défont la ville. On saisit alors à quel point l’espace urbain prend aussi forme dans les manières et les possi­bilités d’en parler et de le représenter.
A travers l’analyse de l’emploi du mot jaywalker, Peter Norton, documente de manière détaillée les actes qui conduisent à rendre le point de vue automobile indiscutable : un processus d’inversion de sens qui a débuté il y a cent ans aux Etats-Unis et qui s’est ensuite traduit par un renversement total des usages de la rue en fonction de et pour les flux automobiles.
Une rente à soi
Christine Bjerke
Christine Bjerke cherche à extraire la sphère domestique de ses représentations traditionnelles et figées pour la repositionner dans un enchevêtrement complexe d’espaces, de temporalités et de relations. Au fil de son article, elle observe les liens tissés par une communauté informelle de femmes traders à domicile (les FX beauties). Ces femmes, japonaises pour la plupart, s’évadent dans la liquidité de la sphère financière pour, par ailleurs, mieux arborer leur habit et sta­tut traditionnels. Elles fragilisent les murs érigés pour contraindre leur appartenance à la société tout en profitant de l’intimité et de la privacité qu’ils procurent. Elles parviennent à conserver le secret sur leurs activités auprès de leurs proches mais existent davantage sur la sphère publique.
Christine Bjerke expose les nouvelles formes d’organisation qui permettent (ou non) de rompre avec l’isolement et l’invisibilité imposés par les modèles d’espaces urbain et domestique des sociétés patriarcales. L’autrice en cherche les traces, les conséquences, dans notre mode d’habiter et si elle décrit l’informalité, l’anonymat et la malléabilité de l’espace numérique, cela ne peut toutefois suffire, selon elle. Les réseaux en ligne tels que les FX Beauties appellent à de nouvelles formes d’habitats rendant possible l’émancipation réelle de leurs membres.
Rivière céleste
Elise Misao Hunchuck, Marco Ferrari et Jingru (Cyan) Cheng
A l’été 2022, les effets du changement clima­tique ont causé des ravages partout dans le monde. En Chine, les habitants de Chengdu, capitale de la province du Sichuan, ont du se protéger d’une vague de chaleur et de séche­resse qui a duré plus de deux mois, pesant très lourd sur les cultures et sur la production d’électricité qui dépend à 80 % de l’énergie hydraulique. Une des solutions envisagées par l’Etat chinois pour lutter contre les effets du rechauffement climatique est d’avoir recours plus massivement à l’ensemencement des nuages à l’avenir.
Or là où la majorité des reportages consacrés aux expérimentations de géo-ingénierie en Chine s’en tient à la description d’opé­rations d’ensemencement des nuages sous stéroïdes, cet essai collectif, issu des travaux des étudiants et des enseignants en architecture d’un master du Royal College of Art de Londres, se donne plus de moyens. Les auteurs sai­sissent la nature multidimensionnelle de la situation avec une acuité rare.

Erratum
La version imprimée comporte plusieurs erreurs, nous nous en excusons platement :
- note de bas de page page 96 : Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde. Sur la possibilité de vivre dans les ruines du capitalisme, La Découverte, 2017.
- nom des auteurs page 104 et suivantes : Hunckuck, Ferrari et Cheng
- mot manquant page 144 : résilience 

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